#4 Nouveaux besoins, nouveaux emplois, nouvelle génération

Selon Pôle emploi, les embauches dans le numérique ont progressé de près de 10% entre 2014 et 2015. Voici 6 portraits fictifs, inspirés d’histoires bien réelles, pour comprendre cette nouvelle « filière » qui brille par sa transversalité.

Lucas a 14 ans, il est en troisième. Il a obtenu des notes correctes au Brevet, particulièrement en mathématiques. Aussi ses parents et professeurs ne jurent déjà que par la filière S, afin de lui « ouvrir toutes les portes » comme ils disent. Pourtant, Lucas, passionné par les outils numériques, aspire déjà à davantage de concret. Adepte des montages photos et vidéos, il découvre en discutant sur un forum d’utilisateurs d’After Effects (logiciel de montage vidéo) que le bac technologique STI2D, spécialité systèmes d’information et numérique, lui conviendrait davantage en raison de l’axe pratique qu’il développe et de la large palette de débouchés qu’il assure malgré tout. 

Malika a 17 ans, elle est en première S. Avec sa maman, elle se rend à la Formathèque, grand forum des formations à Nantes, car elle ne sait pas trop ce qu’elle veut faire après son Bac. Elle n’a pas spécialement le numérique « dans le sang », mais elle est curieuse des nouvelles technologies et il lui arrive de chasser des Pokémons sur le trajet du retour du lycée. Au forum, elle a envie de s’arrêter au stand de l’IMIE, et de son slogan original : « Code save the Queen ». Mais sa maman l’arrête : « non non il n’est pas question que tu ailles travailler dans les jeux vidéo ». Deux semaines plus tard, grâce à une intervention dans sa classe par Marion, chargée de communication d’ADN’Ouest qui distribue un petit livret en forme de burger, Malika découvre que le numérique ne se résume pas seulement aux jeux vidéos et applications mobiles. Décidée à faire un métier où elle pourrait aider les autres, Malika s’intéresse dès lors à la gestion de projet en lien avec les objets connectés*, et souhaiterait, pourquoi pas, suivre une formation à l’IMIE. 

*Les objets connectés sont des objets qui transmettent des des informations diverses et variées à un autre objet ou à toute autre chose connectée. Exemples : montre, lunettes connectées, réfrigérateur intelligent, réseau domotique (ouverture et fermeture des portes, fenêtres et volets à distance, régulation automatique de la température du logement, etc.).

Salomé a 21 ans. Elle est étudiante en 4e année à l’ICAM Nantes et se spécialise dans l’ingénierie informatique. Dans sa classe, elles sont seulement 5 filles, contre 18 garçons. Pour autant, elle ne regrette pas l’ambiance de l’école et les nombreuses soirées organisées par ses associations. Elle déplore simplement qu’il n’y ait pas plus de filles qui s’intéressent à l’informatique, car selon elle, contrairement à des métiers physiquement exigeants comme il peut en exister dans le bâtiment, les garçons ne sont pas davantage prédisposés que les filles pour ces métiers. Capitaine de son équipe de volley-ball, les valeurs du collectif chevillées au corps, elle aimerait plus tard devenir chef de projet informatique*.

*Le chef de projet est le "maître d'œuvre" qui fédère et dirige tous les acteurs autour d'un projet informatique, depuis sa phase de conception jusqu’à son déploiement, en suivant les recommandations rédigées par "l'architecte", à savoir le consultant ou le client.
 

Son but : mener à bout ce projet en respectant le cahier des charges, les délais et le budget. Ce métier est avant tout un métier d'animation d'équipe et de conduite du changement.

Julien a 24 ans. Bac ES décroché de justesse aux rattrapages, il commence directement avec des petits boulots. Après avoir connu des expériences diverses, de téléconseiller à assembleur dans l’industrie, Julien se retrouve au chômage pendant un an et demi. Curieux et autodidacte, il apprend à coder sur CodeCademy, plateforme interactive en ligne. Grâce au label « Grande École du Numérique », lancé par le Ministère de l’Éducation Nationale, du Travail et de la Ville pour permettre, dès 2016, à un large public de trouver du travail rapidement dans cette filière d'avenir, Julien accède à une formation de développeur web* dispensée à la 3W Academy, à Nantes. En 3 mois, Julien décroche un diplôme qui lui permet de trouver du travail dans une startup nantaise séduite par sa motivation et son parcours atypique. 

*Le développeur web utilise le squelette réalisé par l'intégrateur Web, pour y injecter les contenus réels. Il parle couramment le langage informatique (le code) et c'est lui qui va rendre le site administrable par le client : celui-ci pourra ainsi prendre la main sur le site et l'alimenter ensuite comme il le souhaite.

Rigoureux et disponible, le développeur doit faire preuve d'imagination et de pédagogie pour répondre aux besoins de ses clients.

Romain a 31 ans. Passionné par le Green IT*, il a fondé, il y a 3 ans, une startup qui développe une solution pour économiser l’énergie. Après avoir bouclé une levée de fonds de 100.000 euros, il souhaite notamment engager un stagiaire de fin d’étude au poste de développeur, pour étoffer son équipe de 8 personnes. Dérouté par certains candidats plus préoccupés par le salaire et les congés que le projet de l’entreprise, Romain fait finalement la rencontre de Sacha, passionné de basket-ball tout comme lui. En dernière année à l’Epitech et très motivé par le projet de Romain, Sacha rejoint alors l’aventure pour un stage de 6 mois. Impliqué, Sacha prend son pied et ne compte pas ses heures. Il progresse vite, si bien que Romain lui propose son premier contrat à durée indéterminée. 

*ou « informatique durable », concept qui vise à réduire l'empreinte écologique, économique, et sociale des technologies de l'information et de la communication (TIC).

François a 45 ans. Il est Directeur des Systèmes d’Information (DSI) d’une ETI (entreprise de taille intermédiaire) de 1400 employés. À l’image de 42% des entreprises du numérique de l’Ouest, l’entreprise de François augmente ses effectifs. Mais comme 61% de ces entreprises, elles n’ont pas eu assez de candidats dont le profil était adapté à leur recrutement. François déplore que les talents formés à Nantes s’en aillent à Paris pour trouver leur premier emploi. Lui recherche particulièrement à s’attacher les compétences d’un Data Scientist* et d’un technicien système et réseau**, pour renforcer son service et développer la croissance de son entreprise. Par expérience, il avoue préférer recruter « des incompétents motivés que des compétents démotivés ».

*Analyste de la donnée "massive" (big data), le Data Scientist collecte les données recueillis par tous les outils de mesure existants, afin de comprendre le comportement des consommateurs. Après avoir nettoyé les données non pertinentes, il va les analyser en profondeur et extraire des indicateurs. Ces analyses pourront orienter la prise de décision sur des choix stratégiques à mettre en place (nouvelles offres ou services). C'est un métier très récent, voué à se développer rapidement. Il existe encore très peu de formations dédiées.
 
**Le technicien Système et réseau intervient sur les équipements (ordinateur, réseau, etc.) pour assurer la maintenance informatique en cas d'incident. C'est aussi lui qui "prend le pouls" de l'activité du réseau pour éviter les dysfonctionnements. Technicien avant tout, il doit posséder de sérieuses connaissances sur les différents types de câblages et les équipements. Son esprit d'analyse lui permet de diagnostiquer l'origine d'un incident et son sang-froid, il sait résister à la pression des délais et prioriser les urgences.
 

Conclusion 

En 2014, une étude du cabinet Roland Berger a ainsi estimé que 42% des métiers n'existeront bientôt plus. La transition a aujourd’hui déjà commencé avec ces nouveaux métiers qui pour certains n’existaient pas il y a encore 5 ans. 1500 postes dans le numérique sont actuellement à pourvoir sur la région Pays de la Loire ! Une réalité néanmoins trop lentement prise en compte par les pouvoirs publics, mais aussi par la population dans son ensemble, puisque 20% des Français n’identifient pas les innovations numériques dans leurs propres vies et 17% les connaissent mais ne se sentent pas concernés (étude TNS SOFRES –janvier 2014).

Pourtant le numérique traverse tous les grands enjeux de notre société (énergie, santé, industrie, emploi, ...). En conséquence, la compréhension de ses outils devient indispensable et passe par une nécessaire déconstruction des préjugés existants... Et ce sont probablement les acteurs du numérique qui sont eux-mêmes les mieux placés pour lutter contre cette désaffection !

Sources : 

BAROJOB® mars 2016, par ADN’Ouest

Descriptif des métiers du numérique : http://www.i-like-it.fr/metiers/